Catégorie ouverte : que permettent les sous-catégories A1, A2 et A3 ?
Si vous pilotez un drone, vous avez sûrement déjà vu passer A1, A2, A3, C0, C1, C2… et franchement, on peut vite s’y perdre. La bonne nouvelle, c’est que la logique n’est pas si compliquée : la catégorie ouverte encadre les vols à faible risque, avec des règles claires sur la hauteur, les personnes et les zones de vol.
Dans cet article, on remet tout à plat. Vous allez voir la différence entre les sous-catégories A1, A2, A3 et les classes C0 à C4, comprendre la limite des 120 mètres, et surtout savoir ce que vous pouvez faire en ville, en campagne ou près des personnes sans jouer à la loterie réglementaire.
Catégorie ouverte : ce que ça change concrètement pour voler
La catégorie ouverte concerne les vols de drones de faible risque, en loisir comme en usage professionnel. On parle ici d’opérations en vue directe du pilote, sans autorisation préalable, avec un drone de moins de 25 kg, à condition de rester sous 120 m et de respecter les zones interdites.
En pratique, cela veut dire que vous pouvez faire des prises de vue dans un champ, filmer le bord de mer ou réaliser une mission légère de repérage, tant que vous gardez le drone à vue et que vous ne survolez pas un rassemblement de personnes. En revanche, le vol hors vue, le largage de produits et certaines zones sensibles sortent clairement du cadre.
Le réflexe simple : avant de décoller, vous regardez votre drone, votre environnement et la carte des restrictions. Si l’un des trois clignote en rouge, vous ne décollez pas.
A1, A2, A3 : trois façons de se situer par rapport aux personnes
La sous-catégorie ne décrit pas le drone, mais le type d’exploitation. Autrement dit, A1, A2 et A3 disent à quelle distance des personnes vous pouvez voler et dans quel environnement. Personnellement, je trouve que le plus simple est de retenir : près, à distance, loin.
Cette vidéo illustre concrètement ce qui vient d'être expliqué :
| Sous-catégorie | Idée simple | Classes de drones | Règle principale | Formation |
|---|---|---|---|---|
| A1 | Près des personnes | C0, C1 | Pas de survol intentionnel de personnes non impliquées ; survol accidentel toléré dans certains cas | Formation A1/A3 selon le drone et l’usage |
| A2 | À proximité contrôlée | C2 | Distance minimale de 30 m, ou 5 m en mode basse vitesse | Examen A2 et formation complémentaire |
| A3 | Loin des personnes | C2, C3, C4 selon les cas | Au moins 150 m des zones résidentielles, commerciales, industrielles ou récréatives | Formation A1/A3 |
Classes C0 à C4 : ce qui est écrit sur le drone compte autant que vos intentions
La classe, elle, décrit le drone lui-même. C’est sa fiche d’identité réglementaire : poids, équipement, signalement électronique, limitations techniques, marquage CE. Et là, pas de blabla : on lit la plaque ou la notice, point final.
- C0 : moins de 250 g, usage très souple, souvent en A1.
- C1 : drone léger, de masse inférieure à 900 g, utilisé en A1 avec une formation en ligne (A1/A3).
- C2 : jusqu’à 4 kg, pensé pour A2, donc à proximité des personnes mais avec distances.
- C3 et C4 : plus volumineux, orientés A3, donc loin des zones habitées.
Depuis 2024, les drones mis sur le marché doivent porter une classe pour voler en catégorie ouverte. Et depuis le passage au cadre européen, les anciennes habitudes “loisir contre pro” ne servent plus à grand-chose : ce qui compte, c’est la combinaison classe + sous-catégorie + environnement de vol.
Comment s’articulent classes et sous-catégories, sans se tromper
Imaginez la sous-catégorie comme le mode d’utilisation et la classe comme la carte d’identité technique. Un C0 n’ouvre pas les mêmes possibilités qu’un C2, même si vous êtes le même pilote avec la même envie de faire de belles images.
| Classe | Sous-catégorie la plus logique | Exemple de situation | Ce que vous faites |
|---|---|---|---|
| C0 | A1 | Mini drone de 249 g pour filmer un jardin privé | Vol proche des personnes, sans survol d’un groupe |
| C1 | A1 | Drone photo léger pour une vidéo en bord de mer | Vol à proximité, avec prudence et formation adaptée |
| C2 | A2 | Drone de 1,5 kg pour filmer une rue commerciale depuis une zone dégagée | Distance de sécurité, formation A2, pas de survol des passants |
| C3 | A3 | Drone d’inspection en campagne | Vol loin des habitations et des tiers |
| C4 | A3 | Drone plus lourd pour prises de vue en zone isolée | Même logique : loin des personnes et des zones habitées |
La limite des 120 mètres : simple sur le papier, piégeuse sur le terrain
La règle est nette : en catégorie ouverte, la hauteur maximale est de 120 m au-dessus du sol. Ce plafond sert à garder une séparation raisonnable avec le trafic habité et à réduire le risque en cas de perte de contrôle.
Le piège classique, c’est le relief. En montagne, au bord d’une falaise ou près d’un bâtiment haut, on peut croire qu’on reste “raisonnable” alors qu’on grimpe en réalité beaucoup plus haut que prévu. Certains cas particuliers autorisent des marges spécifiques au-dessus d’un obstacle artificiel très haut, mais il faut les vérifier dans les fiches officielles avant de jouer avec la hauteur.
Sur le terrain, je conseille une habitude simple : régler une limite d’altitude dans le logiciel du drone, jeter un œil à la télémétrie pendant le vol, et refuser les modes automatiques si vous ne comprenez pas exactement comment ils gèrent l’altitude. C’est basique, mais ça évite les mauvaises surprises.
Distances de sécurité : 30 m, 5 m, 150 m… ce n’est pas du décor
En A2, vous gardez en principe 30 m de distance avec les personnes non impliquées. En mode basse vitesse, la distance peut descendre à 5 m pour un drone C2, si toutes les conditions prévues sont réunies.
En A3, on change d’univers : il faut rester à 150 m des zones résidentielles, commerciales, industrielles ou récréatives. Une maison isolée n’est pas forcément une zone résidentielle, mais un lotissement, un parc urbain, un terrain de sport ou un centre commercial, là oui, on entre dans une zone qui impose de s’éloigner franchement.
Le mot qui trompe souvent, c’est “quelques personnes”. Un festival, une file d’attente, un concert ou un marché ne se gèrent pas comme trois passants dispersés. La catégorie ouverte interdit les rassemblements de personnes, sans détour.
Formation et obligations : ce qu’il faut avoir avant de toucher aux sticks
En France, le pilote doit avoir au moins 14 ans pour voler en catégorie ouverte. Ensuite, il faut passer la formation théorique en ligne A1/A3, puis obtenir l’attestation correspondante via les plateformes officielles de la DGAC.
Pour l’A2, on passe à un niveau au-dessus : examen dédié, formation complémentaire, et préparation plus sérieuse sur la gestion du risque. Pour être direct, si vous voulez travailler près des personnes avec un drone C2, l’A2 n’est pas une option décorative. C’est le passage obligé.
À côté de ça, l’enregistrement de l’exploitant sur AlphaTango est requis dès que le drone dépasse 250 g ou qu’il embarque une caméra, avec un numéro à apposer sur l’appareil. Le signalement électronique à distance est aussi attendu selon les cas.
Vol en ville, en campagne, pour le loisir ou en pro : trois scénarios qui parlent
Scénario 1 : vous avez un C0 de 249 g et vous voulez filmer depuis votre jardin en ville. C’est le cas le plus souple, mais pas un joker absolu : pas de rassemblement, pas de zone interdite, pas d’espace public en agglomération hors activité pro selon les fiches de référence.
Scénario 2 : vous utilisez un C2 pour filmer une façade commerciale. Là, vous êtes dans l’A2, avec distance minimale, formation complémentaire et vigilance sur les passants. Ce n’est pas le terrain du pilotage improvisé.
Scénario 3 : inspection agricole avec un C3 en rase campagne. On bascule en A3, donc loin des habitations, loin des tiers, et avec un repérage sérieux des géozones avant le vol.
Checklist avant chaque vol : la routine qui évite la casse
- Je lis la classe du drone sur le marquage ou la notice.
- Je choisis la sous-catégorie qui colle au lieu de vol.
- Je vérifie la carte des zones de restrictions UAS.
- Je garde la limite des 120 m en tête.
- Je m’assure qu’aucun rassemblement de personnes n’est dans la zone.
- Je contrôle mon enregistrement d’exploitant et mes obligations de formation.
Cette routine prend quelques secondes. Elle évite des ennuis qui, eux, prennent beaucoup plus de temps à régler.
Évolutions récentes : ce qui a changé et ce qu’il faut surveiller
Depuis l’entrée en vigueur du cadre européen, les anciennes catégories “loisir” et “professionnel” ont disparu au profit d’une logique fondée sur le risque. Les anciens scénarios nationaux français S-1, S-2, S-3 et S-4 ne sont plus le bon repère depuis 2026, et la catégorie spécifique prend le relais pour les opérations qui sortent de l’ouverte.
Personnellement, je pense qu’à partir du moment où vous pilotez souvent en contexte urbain ou avec des missions pro, un drone classé proprement change la vie. Pas parce qu’il fait “mieux” en soi, mais parce qu’il vous donne un cadre clair, donc moins d’hésitation et moins de zones grises.
Si vous devez garder une seule idée en tête, gardez celle-ci : en drone, on ne sépare jamais la machine, le lieu et la règle. Les trois avancent ensemble, ou ça déraille.
Avant chaque nouveau vol, prenez le réflexe de vérifier les textes DGAC, AlphaTango et le Géoportail des restrictions UAS. C’est plus sérieux qu’un souvenir flou, et beaucoup moins risqué qu’un “je pensais que c’était bon”.
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